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Vital'O (EM)

Emelyne Muhorakeye / Twenty Ten

Lieu: Bujumbura, Burundi

Le paysage sportif burundais a été dominé pendant plus d’une décénie par une seule équipe : Vital’o
Surnomée Mauve à cause de la couleur de son maillot, cette équipe s’est tellement imposée qu’elle a fini par donner son surnom à beaucoup d’enfants nés dans les années 80 et jeter les filles dans les bras des garçons joueurs ou supporters de leur idole.

|Emelyne Muhorakeye nous parle de cette époque

SCRIPT REPORTAGE VITAL’O : 5 min 15 secs

SON D’AMBIANCE : Des cris dans le stade

Yaoundé : « L’équipe Vital’O a battu les grandes équipes, les grandes formations africaines » 4secs

Rachid : « Vital’O c’est une équiupe emblematique de ce pays » 3secs

Jafar : « Ni timu ya kwanza apa kwetu Burundi ambayo imekwisha kuchukuwa vikombe vingi vya championnat apa Burundi ».6secs

Traduction : « C’est la 1ère équipe à avoir emporté beaucoup de coupes du championnat ici au Burundi ».4secs

VOIX OFF

Emelyne (38 secs) : Vital’O ou l’idole de toute une génération. Cette équipe de football du Burundi est de celles qui ont su susciter l’amour et l’engouement du public burundais. Née en 1957, cette équipe changera souvent de nom selon les sponsors pour devenir Vital’O en 1977, Vital’O une boisson gazeuse qui était produite par le nouveau sponsor du moment la BRASSERIE ET LIMONADERIE DU BURUNDI « BRARUDI ». Les joueurs de Vital’O portent les maillots mauve blanc. Pourquoi le choix de cette couleur ? L’ancien joueur et entraîneur actuel de Vital’O depuis 1987 Gilbert Kanyankolé surnommé Yaoundé qui m’a accordé un entretien chez lui se souvient très bien de l’origine de cette couleur.

Yaoundé (22 secs) : « Il y avait un blanc qui était Directeur Général de la Brasserie, qui, lui-même était un des grands membres de l’équipe de Belgique Anderlecht. Alors Anderlecht, c’est une équipe jusqu’aujourd’hui qui porte le maillot mauve blanc. Alors il a lui aussi exigé que l’équipe change de maillot parce que à cette époque le maillot de Vital’O était rouge blanc. Et ils ont changé, ils ont accepté de porter le mauve blanc ».

Emelyne (9 secs) : Le mauve qui n’était pas particulièrement utilisée par les gens deviendra à ce moment là la couleur mythique. Mputela Emmando est un ancien joueur de Vital’O, il raconte.

Mputela (15 secs) : « Oh tu vois, la couleur mauve, c’est pas une couleur qu’on porte très souvent. Mais à cause de ça mais tu voyais que les gens se permettaient de porter la couleur mauve et surtout le jour du match ».

Emelyne (15 secs) : Certains fans de Vital’O n’hésiteront pas à faire des folies pour l’amour de leur équipe. C’est le cas de Jafar qui travaille actuellement au HCR, il est resté un amoureux inconditionnel de Vital’O. Il est connu pour avoir un drapeau mauve d’une longueur impressionnante qu’il a le plaisir d’exhiber les jours de match.

Jafar (10 secs) : « Nilikuwa ninaiweka drapeau ya Vital’O nyumbani kwa muda wa wiki uzima. Ni drapeau ya kwanza apa Burundi. Kwa kweli kila mtu amekwisha iona ndani ya stade, ni kubwa inapendeza ».

Traduction (10secs) : « Je gardais à la maison le drapeau de Vital’O pendant une semaine. C’est le 1er drapeau ici au Burundi. En vérité, chacun l’a déjà vu dans le stade, il est large et beau ».

Emelyne (18 secs) : Jafar n’est pas un fan particulier puisque d’autres iront jusqu’à appeler leurs enfants « mauve » et peindre leurs maisons en mauve pour rendre hommage à leur équipe favorite. Le jour des matchs, c’était l’euphorie chez les supporters. Le stade se transformait en mauve blanc et les accessoires de toutes sortes étaient utilisés surtout par les femmes et les filles pour marquer l’instant.

Son d’ambiance stade (7 secs) : Des femmes qui chantent

Emelyne (13 secs) : Rachid Alfred est un journaliste de plus de 30 ans d’expérience dans le sport et un fervent supporter de Vital’O. Il me donnera même rendez vous sur le terrain d’entraînement de cette équipe pour me parler des souvenirs encore vivaces d’un jour de match de Vital’O.



Rachid (13 secs) : « Oh là là, je te dis que le stade était plein à craquer. Beaucoup de monde même des filles et des femmes qui avaient des parapluies aux couleurs mauve blanc, des chapeaux, des foulards, des drapeaux ».

Emelyne (10 secs) : La présence des filles dans les stades est un des éléments qui donnait une certaine particularité à l’équipe Vital’O. Selon Yaoundé l’entraîneur de Vital’O, certaines familles ne cachaient pas l’amour qu’elles portaient aux mauves.

Yaoundé (12 secs) : « Il y a des familles entières qui étaient pro mauve donc où toute une famille de filles aimaient les joueurs de Vital’O. Et ils portaient le mauve même pour venir au stade, ils portaient des pagnes en mauve blanc ».

Emelyne (10 secs) : Un quartier en particulier NGAGARA était réputé pour son soutien aux mauves et les filles affichaient clairement leur préférence pour les joueurs de Vital’O comme nous le dit ici Mputela Emmando l’ancien joueur.

Mputela (8 secs) : « C’était pratiquement toutes les jeunes filles de Ngagara. Pour elles, trouver un copain qui joue dans Vital’O, c’était l’idéal ».

Emelyne (11 secs) : Des aventures naîtront autour de ces rencontres et certaines iront même jusqu’au mariage. C’est le cas de Jean Marie Mbuyi ancien capitaine de Vital’O et de l’équipe nationale qui a rencontré sa femme sur le terrain d’entraînement.

Mbuyi (16 secs) : « Iyo ni kweli kama mimi wa kwanza, palikuwa ndugu yangu Gatera Alphonse palikuwa ndugu yangu Juma Mossi. Kwa kweli tulionyesha kama kweli awa wanawake tulianza nawo, wakawa wanawake wakusema tunafatana nawo ju ya uyu mupira tuku Vital’O ».

Traduction (13 secs) : « ça c’est vrai moi en premier. Il y avait aussi mon ami Gatera Alphonse et mon ami Juma Mossi. En vérité, nous avons montré que nous avons commencé avec ces femmes et que nous sommes restés ensemble grâce au jeu de football de Vital’O ».

Emelyne (10 secs) : Les joueurs de Vital’O étant vus comme des stars, beaucoup de jeunes garçons aimaient les côtoyer pour pouvoir profiter de leur notoriété auprès des filles. Mputela Emmando évoque ce souvenir avec amusement.

Mputela (15 secs) : « Alors le fait d’accompagner quelqu’un de Vital’O qui est apprécié, qui est chouchouté, qui est acclamé par tout le monde. Ça faisait que même la fille quand elle voit que toi tu es ami à une star, tu avais cette ouverture aussi, ça devenait comme automatique, tu avais une certaine facilité oui ».

Emelyne (24 secs) : Vital’O connaîtra sa période de gloire jusque dans les années 1990, la crise qui éclatera au Burundi en 1993 ne l’ayant pas épargné. Plusieurs championnats inachevés, fuite des joueurs à l’étranger et la suspension des équipes burundaises des compétitions ont fini par affaiblir Vital’O qui restera malgré tout la seule équipe du Burundi qui aura joué la finale de la Coupe d’Afrique des vainqueurs de coupes contre Africa Sport d’Abidjan en 1992.


Mputela (11 secs) : « Et ce match là, ça fait pleurer les gens. C’était l’unique, c’était une fois dans l’histoire du Burundi qu’une équipe accédait à une finale d’une coupe africaine des clubs ».

SON D’AMBIANCE FIN (10 secs) : Des cris dans le stade

Emelyne MUHORAKEYE à BUJUMBURA
Pour le projet Twenty Ten

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