Photo Audio Text Multimedia
     

Les Coiffeurs Burundais (EM)

Emelyne Muhorakeye/Twenty Ten

Associated features: Les coiffeurs de Pretoria (Audio feature), Burundian Hairdressers (Photo feature)

Son d’ambiance du salon Bad Boys : La musique du salon

Emelyne : La musique à fond, les coiffeurs qui dansent au rythme de la radio, l’ambiance ne manque pas au salon Bad Boys situé sur Derby Road à Bertrams, une banlieue de Johannesbourg . Le salon appartient à John AMISSI un congolais qui a grandit au Burundi et installé en Afrique du Sud depuis 6 ans. Sur les murs du salon des photos des grandes stars de la chanson américaine Chris Brown, Tyrese, Dr.Dre...Un décor qui rappelle celui des salons de coiffures au Burundi. Le choix d’ouvrir ce salon n’était pas dû au hasard : Les sud africains n’étant pas spécialistes en la matière, comme le dit John,il y trouvé un créneau.

Encore un peu de musique du salon

John : « Ya en Afrique du Sud, c’est la spécialité des burundais parce que les sud af ne connaîssent pas les trucs de salon ».

Emelyne :

Les burundais étant donc devenus spécialistes en salons de coiffures, John n’est pas seul dans ce business. Sheikh Issa Singoye a ouvert un salon de coiffure dans le quartier populaire de Hillbrow, toujours à Johannesbourg. En arrivant sur les lieux, j’y trouve une ambiance différente, plutôt calme ; un calme troublé par le son de la télévision qui diffuse le match Hollande-Japon.

Son d’ambiance du salon chez Issa : Commentaires de la télé

Emelyne : Le salon de sheikh Issa travaille presque dans la clandestinité puisqu’il est situé dans un quartier résidentiel où le commerce n’est pas autorisé. Il est installé dans un garage et ne porte pas de nom afin de passer inaperçu. Depuis 10 ans déjà qu’il est installé à Johannesbourg, Sheikh Issa n’a pas eu d’autres choix que de se trouver un petit commerce , son niveau d’études ne lui permettant pas d’avoir un bon travail.

Voice over : Issa : « Ufise amashure makeyi ntushobora kuronka akazi keza ariko ufise amashure nyene asanzwe urashobora gukora utwawe gusa ukabaho neza ».

Traduction : « Quant tu as un niveau d’études élevé, tu peux trouver du bon travail, mais si tu as un niveau assez bas, tu peux faire ton petit commerce et vivre bien ».

Emelyne : Entre Hillbrow et Rosettenville, la différence se ressent. Rosettennville, bien que vieux, est plus moderne et moins populaire. C’est là que Sosthène Rusimbi et son frère ont choisi d’ouvrir leur salon de coiffure, exactement sur Main road. Un salon de coiffure cette fois-i mixte et très moderne, le Happy Hair Salon. Les coiffeurs portent des chemises avec le logo du salon et le matériel est d’une qualité supérieure à celle de chez Issa et Bad Boys avec un service de pédicure et manucure en plus et un téléviseur à écran plat sur le mur pour le plaisir de la clientèle.

Son d’ambiance du salon Happy Hair Salon : Le bruit des clients du salon + télévision

Emelyne : Les débuts ont été difficiles pour Sosthène et son frère mais aujourd’hui, ils sont bien installés et les affaires marchent plutôt bien, une chance qu’ils n’auraient pas pu avoir au Burundi.

Voice over :

Sosthène : « Aha muri Afrique du Sud nico kintu ca mbere ndahashimira urashobora gutangura bikakugora mu ntango mugabo umaze gutangura buke buke uratera imbere ugaca ubona ico urondera nico ukorera. Sico kimwe no muhira urashobora gukora ariko ntutere imbere ».

Traduction : « Ce que j’aime en Afrique du Sud, c’est que tu peux démarrer avec difficultés au début mais petit à petit tu vois le bout du tunnel. Ce n’est pas la même chose que chez moi, tu peux travailler mais sans grands résultats à la fin ».

Emelyne : Le Happy Hair Salon emploie des personnes de différentes nationalités et parmi elles Amissi SINDIHEBURA un rwandais qui a grandi au Burundi. Venu en Afrique du Sud pour étudier, il a dû abandonner l’idée faute de papiers administratifs légalisant son séjour.

Amissi : “ Mbere ya kufika uku nilikuja kwa niya ya kusoma arakini habikuweza kunihalisisha kwa sababu kupata makaratasi binatusumbuwa sana uku. Ikanibidi niyingiye tu mu kazi”.

Traduction : « Avant d’arriver ici, je venais pour étudier mais ça n’a pas été possible parce que les papiers de séjour sont difficiles à obtenir dans ce pays. Donc j’ai commencé à travailler ».

Emelyne : S’installer en Afrique du Sud n’a pas été très difficile pour les burundais quant aux relations avec les sudafricains, Sheikh Issa évoque une très bonne cohabitation avec ces derniers.

Issa : « Twebwe abanyafrika yepfo kuvy’ukuri badufata neza. Nta kibazo kabisa tubanyeho neza no ngaha kuri salon government yabo idufata neza ».

Traduction : « Les sud africains nous traitent plutôt bien. On a aucun problème avec eux même le gouvernement nous traite bien ».

Emelyne : Un sentiment qui n’est pas partagé par les autres burundais. Ils sentent une certaine méfiance à leur égard de la part des sud africains, une méfiance qui va jusqu’à la xénophobie chez certains. John et Sosthène en témoignent.

John : “ Les sud africains traitent l’étranger comme un animal parce qu’ils n’aiment les étrangers ici”.

Sosthène : « Abanyagihugu bo ngaha kwanza ntibadukunda ubwa mbere. Irya human rights niyo igerageza kuduprotega twebwe abanyamahanga hama ikaturonkera ama papiers kugira ngo tubeho ».

Traduction : « Les sud africains ne nous aiment pas. Ce sont les gens de Human Rights qui essayent de nous protéger et qui nous obtiennent des papiers pour pouvoir vivre ».

Fix : Quelques bruits rappelant les événements de 2008

Emelyne : La question de xénophobie en Afrique du Sud ne semble pas arrêter les burundais dans leur détermination de gagner leur vie dans ce pays. Mais certains comme Sosthène et Amissi rêvent du jour où ils pourront retourner au Burundi et vivre auprès des leurs.

Sosthène : « Umunsi umwe nzosubira kubona ndi mu gihugu c’iwanje, nezerewe mfise uburenganzira bwo kugira ivyo vyose nshaka, nkagenda nkagaruka ata muntu ambajije uva hehe, uja hehe ».

Traduction : « Je rêve d’un jour où je retournerai dans mon pays, pour jouir de la liberté de faire tout ce que je veux, d’aller et venir sans devoir m’expliquer et justifier mes mouvements».

Amissi : “ Tumegunduwa kama maisha ni nyumbani. Etranger ni étranger tu kila siku”.

Traduction : « Nous avons compris que la vie, c’est chez soi. L’étranger, c’est toujours l’étranger ».

Cue out : : Mais pour le moment Sosthène, Amissi, John et les autres prennent leur mal en patience, car la situation qui prévaut au Burundi ne les pousse pas à rentrer. Ils attendent toujours mais savent que ce jour viendra.

Fix : Un extrait d’une chanson burundaise.

  Go to Page:
No Images found.
  Go to Page: