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Incendie à l'usine

Incendie à l'usine Chico’s Ice Cream d’Alexandra

Associated features: Ice Cream Factory fire (Text and photo feature) and Ice Cream Factory (Photo feature created 10 days before the building burnt down)

Nanama Keita/Twenty Ten

Lieu: Alexandra, Johannesburg

Pendant que la FIFA, instance dirigeante du football mondial, se réjouit des revenus record d'environ 3,2 milliards de dollars US générés par le Mondial sud-africain, la colère monte au sein des populations défavorisées devant l'échec de leur gouvernement à rendre disponibles les services de base.

Lors de son congrès annuel à Johannesburg précédant la grande cérémonie d'ouverture, la FIFA a en effet révélé que son revenu annuel avait augmenté de cinquante pour cent depuis le dernier Mondial, quatre ans plus tôt.

Quelque temps après la prestigieuse cérémonie, le bidonville d’Alexandra, à

Johannesburg, était le théâtre d’un drame humain contrastant avec la jubilation de la FIFA : Une ancienne usine, Chico's Ice Cream, habitée illégalement par plus de 400 personnes, fut ravagée par un incendie. Les occupants illégaux de Chico’s Ice Cream avaient érigé des murs en carton et construit un deuxième étage en bois, créant ainsi une 'baraque' hautement inflammable. Ils faisaient la cuisine sur des réchauds à pétrole et leur éclairage provenait des bougies et des connections électriques illégales.

« Le gouvernement nous a négligés. Ils ont des millions à dépenser dans la construction de stades pour le Mondial, mais sont incapables de nous obtenir une habitation convenable et salubre», dit-elle, en sanglots. Elle a echappé de justesse lorsque l’incendie nocturne ravagea l'usine abandonnée qui lui avait servi d'habitatation depuis 1992.

33 ans, mère de deux enfants, Tshiolidzi Thiswana, qui regarda ses affaires partir en fumée après s'être échappée de justesse en compagnie de sa mère, de sa sœur ainsi que de son fils âgé de deux ans, a exprimé son désarroi : « Nous nous en sommes sortis avec des blessures légères, mais nos affaires ont toutes été calcinées». «Je n'ai que mes deux enfants et ma sœur, et maintenant, je n'ai nulle part où aller. Je suis assise ici depuis le matin, abandonnée à moi-même, et je sais que vais aussi passer la nuit à cet endroit. » se lamente-t-elle. Thiswana, qui a encore du mal à accepter l'incendie de vendredi, raconte comment la fumée l'a réveillée, ainsi que sa famille, à 3h30 du matin. Selon elle, les flammes ont dévoré la maison et, avant que les pompiers n'aient pu intervenir, le bâtiment abritant environ 400 lits était déjà complètement en ruines.

Les causes de l’incendie étant jusqu’a présent inconnues, la spéculation est ouverte. Beaucoup de rescapés, comme Thiswana, n’excluent pas un acte délibéré visant à les faire partir.

Pendant que des centaines de personnes s'interrogeaient sur leur devenir durant le rude hiver de Johannesburg, d'autres pillaient les ferrailles de la charpente du bâtiment.

Monsieur Percy Morokane, agent de liaison avec les médias pour les services d'urgence (Emergency Management Services), qui se sont rendus sur les lieux peu de temps après l’incendie, a déclaré que les victimes occupaient illégalement un bâtiment incommode à l'habitation. Mais Modisakeny, membre du Comité exécutif communal de Malboro (Malboro Community Executive Committee), circonscription dont relève Alexandra, le contredit ainsi : « Nous occupons légalement ce bâtiment. Nous payons un loyer mensuel à nos bailleurs respectifs ».

Celle-ci précise en effet qu’elle paye 540 Rands de loyer (environ 60 Euros) pour la chambre en carton qu'elle occupait avec sa sœur cadette. Comme beaucoup d’autres, elle se se plaint des hommes politiques. «Ils nous ont toujours bernés en nous promettant de meilleures conditions de vie pendant les campagnes électorales. Une fois élus, ils manquent à leurs nombreuses promesses », dit-elle.

Près de la moitié de la population sud-africaine vit en dessous de 3 dollars US par jour. Cependant, l'organisation la prestigieuse Coupe du monde a coûté la faramineuse somme de 13 milliards de dollars US.

Plusieurs analystes sont d'avis que le fardeau de la dette paralysera le pays et affectera les subventions du gouvernement, qui protègent la plupart des populations démunies contre la faim.


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