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Ghetto blanc

Pauvreté en Afrique du sud
Yaya Boudani/Radio Pulsar/Twenty Ten

Reporter (39'')
Lucas Raselaya est noir et Carlos Mesquita est blanc. L'un vit à Kempton Park, au nord-est de Johannesburg et l'autre à Coronation park au nord-ouest de la capitale. En plus de cette nationalité commune, ils partagent le même quotidien. Ils vivent dans des ghetto pour blancs. Dans ces parques, les enfants parcourent les broussailles pieds nus, certains vont au lit sans manger ni se laver. Depuis plusieurs années leurs parents trainent leur misère, sans aucune lueur d'espoir à l'horizon.

Effet (2''): chant d'enfant s'amusant
Les bidonvilles, il y en a des milliers en Afrique du Sud. La particularité de ceux que nous avons visites, Coronation et Kempton Caravan Park est que les pauvres qui s'y entassent sont des blancs.
Anne le Roux habite Coronation park, dans la ville de Krugersdorp.

Audio: (13'') Anne le Roux
Nous n'avons pas d'électricité ici. Le gouvernement local, la municipalité, a coupé l'électricité. Nous n' avons pas d'électricité. Comme vous le voyez, nous faisons le feu avec du bois pour chauffer l'eau pour la douche.

Reporter (16'')
Pour faire face au froid pendant la nuit et surtout en hiver, ces habitants de Coronation park et Kempton Caravan Park utilisent les vieilles méthodes: faire du feu de bois comme Francis Michael, un technicien de 46 ans qui vit a Kempton Caravan Park depuis qu'il a perdu son emploi voila six ans déja

audio (14''): Francis Michael
Nous le faisons comme dans le passé. On fait du feu, et on se couvre avec des draps et on s'assoit près du feu .

Reporter (11'')
De même, ses voisins, le vieux Antoine et son fils, éssaient de tirer ce qui reste d'un tronc d'arbre
a l'aide d'une hache, d'un burin et d'un marteau. Ces morceaux de bois serviront à chauffer l'eau pour la toilette.

Effet (2''): coups de marteau et de burin

Reporter (23'')
On a longtemps parlé de la misère des noirs en Afrique du sud, avant et après l'apartheid. Mais aujourd'hui, selon Solidarity, un syndicat qui défend les intérêts de la communauté blanche, ils sont environ 430 000 à survivre dans des camps de squatteurs un peu partout dans le pays. Ces pauvres vivent sous des tentes durant toute l'année. Pas d'électricité, pas de système de canalisation, l'eau qui sort des toilettes coule parfois devant les portes.

Effet (3''): eau de toilette coulant...
audio(18''): Anne Le Roux
Nous avons des toilettes séparées;pour les femmes et pour les hommes. Seulement parfois l'eau des toilettes coulent. On marche même dedans. Personne ne vient les réparer.

Reporter (7'')
Et à Kempton Caravan Park, c'est le cout du vidange des fosses qui trouble le sommeil de Lulu De Beer, la responsable du camp.

audio (19''): Lulu De Beer
Oui j'ai des problèmes avec l'évacuation des eaux de toilette. En ville vous avez des égouts d'évacuation, malheureusement nous n'en avons pas. Ici, on utilise les fosses sceptiques. Si elles sont remplies, on appelle la municipalité pour les vider. Évidemment il faut payer pour ça . Rien n'est gratuit en Afrique du sud.

Reporter (26'')
Ces blancs pauvres se disent être victimes du pouvoir en place. Afin de donner un peu plus de chance aux noirs, le gouvernement a instauré “l'affirmative action”. Un système de discrimination positive en faveur des noirs. A qualification égale, les noirs sont privilégiés par rapport aux blancs pour certains emplois. Cette politique a ete mise en place pour diminuer les ecarts entre les communautes noire, longtemps exclue des avantages economiques du pays, et blanche, favorisée sous le régime de l'Apartheid

Audio (10''): Francis Michael
je cherche. Mais le plus souvent les gens s'excusent car ils préfèrent recruter les noirs. C'est la loi qui impose cela!



Reporter (8'')
Pour ces blancs, l'apartheid a changé de camp. Et Anne Le Roux soutient que les victimes d'hier sont les bourreaux d'aujourd'hui.

Audio (30''): Anne Le Roux
C'est la discrimination. Et ils disent que les blancs sont racistes. Les noirs sont aussi des racistes. Ce n'est pas possible pour nous les blancs d'aller quelque part depuis que le pouvoir est passé aux mains des noirs. Et ce n'est pas bien. Avant 1994, on menait une vie agréable, mais actuellement, nous devons faire très attention.


Reporter (5'')
Quant à Carlos Mesquita, il prend sa situation actuelle avec beaucoup de philosophie.

Audio (23''): Carlos Mesquita
Je ne me considère pas comme une victime d'un apartheid, mais je suis victime de la transition. Les Noirs et les Blancs souffrent. Avant on ne voyait pas les blancs souffrir de la sorte, donc les gens sont surpris de voir cela. Vous savez, pendant l'apartheid les noirs vivaient comme cela, aujourd'hui ils sont toujours dans la meme situation, ce ne sont pas les blancs seuls qui souffrent.

Reporter (6'')
Et lorsque vous leur demander ce qu'ils pensent de l'organisation de la coupe du monde par l'Afrique du sud. Les critiques sont sévères

audio (17): Francis Michael
Même avec la coupe du monde, rien n'a changé. C'est la même corruption, la xénophobie, tout s'écroule. Quand tout ce monde partira, nous reviendrons dans la même Afrique du sud avec ses crimes, agressions, peur et souffrance. Rien n'a changé.

de Johannesburg, Yaya Boudani, pour Twenty Ten

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