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Femme de footballeur

Crédit : Anne Mireille Nzouankeu / Twenty Ten

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Manchette : Femme de footballeur

Les femmes des footballeurs partagent la pression que subissent leurs compagnons

Date: 16 juin 2010

Lieu : Johannesburg, Afrique du Sud

Résumé de l’article : Au Cameroun, il arrive que les compagnes des footballeurs subissent, comme leurs compagnons, de fortes pressions de la part des supporters. Elles font parfois l’objet d’insultes et de menaces lorsque les supporters estiment que leurs compagnons ont eu une mauvaise prestation au cours d’un match.

Mots clés : 2010, football, Cameroun, Eto’o, Yaoundé, milla, défaite, lions, indomptables, sélection, coupe du monde, Afrique du Sud, match, Cameroun, Japon , Womé, Paul Le Guen

Langue : Français

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Texte :

L’erreur n’est pas permise
Le 7 octobre 2005, le Cameroun joue contre l’Egypte le dernier match qualificatif pour la coupe du monde de football de 2006 en Allemagne. A la fin du match, le score est d’un but pour chaque équipe, et il faut passer au tir aux buts.

Le tir de Pierre Womé, défenseur camerounais, frappe le poteau et s’éloigne des filets adverses. Par ce tir manqué, le Cameroun perd le match et ne se qualifie pas pour le mondial 2006.

A son retour au Cameroun, Pierre Womé fait l’objet de plusieurs menaces et critiques. Des supporters furieux mettent le feu au salon de coiffure de sa petite amie. La maison et l’une des voitures du joueur sont saccagées. D’autres voitures sont brulées.

La colère ne s’arrête pas à ce niveau. Elle se fait sentir aussi au niveau le plus élevé du football camerounais : Pierre Womé est systématiquement écarté de la sélection nationale et ne participe pas à la Coupe d’Afrique des Nations de 2006.

Tout le monde a vite oublié qu’aux jeux olympiques de Sydney en 2000, Pierre Womé avait réussi le dernier tir au but de la finale, permettant ainsi au Cameroun de devenir champion olympique.

Sous d’autres cieux, les supporters sont pourtant plus compréhensifs. Lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations de 2006, Didier Drogba, attaquant ivoirien, rate un pénalty décisif contre l’Egypte. La Côte d’Ivoire rate le titre de champion d’Afrique, mais Didier Drogba reste l’idole des siens jusqu’à ce jour. A la finale de la coupe du monde de football de 1994 aux Etats-Unis, Roberto Baggio, capitaine de l’équipe nationale d’Italie, ne réussit pas son pénalty contre le Brésil, cédant par là le titre de champion du monde au Brésil. Roberto Baggio continua pourtant d’etre adulé par le peuple italien jusqu’à son jubilé.

Au Cameroun, malheureusement, le proverbe selon lequel l’erreur est humaine ne semble pas toujours s’appliquer.

Après l’entraîneur, le gardien de buts est le bouc émissaire des supporters camerounais, qui oublient très vite les bons matchs pour s’appesantir sur les buts encaissés par celui-ci.

Femme de gardien de buts
Pendant un an, M.N, une jeune camerounaise, fut la copine d’un gardien de but camerounais. Peu après le début de leur relation, le Cameroun livre un match international au cours duquel l’équipe est battue.

« Trois supporters sont arrivés à mon domicile et m’ont dit : il faut dire à ta passoire de libérer nos goals. Qu’il cède sa place à quelqu’un d’autre. Quelques temps après, un autre groupe de supporters qui passait devant la maison a lancé que mon compagnon était un mouilleur, ce qui veut dire un incapable » raconte M.N.

Elle déclare que le lendemain du match, elle entendait des commentaires provocateurs partout où elle était connue. M.N. ajoute que lorsqu’elle en a parlé à son compagnon, il lui a répondu : « c’est toujours comme ça. Lors des prochains matchs, il ne faudra pas être seule à la maison et tu n’ouvres la porte à personne. Ou alors tu vas suivre le match ailleurs ».

A défaut de venir au domicile du joueur ou de sa copine, d’autres supporters se défoulent dans les émissions interactives à la radio. Ils appellent pour insulter et demander le remplacement du joueur fautif.
De même, lorsque les supporters sont contents de la prestation d’un footballeur, ils viennent de tous les coins de la ville pour le saluer et discuter avec lui, et les causeries peuvent durer plusieurs heures. Si on veut avoir un peu d’intimité, il faut alors trouver un prétexte pour les éloigner quelques heures.

La pression des supporters s’exerce aussi sur l’entraîneur
Au Cameroun, chaque supporter est un sélectioneur en puissance qui insiste pour que son opinion soit prise en compte par le sélectioneur officiel. les supporters suivent les joueurs à leurs séances d’entraînement pour donner leur avis à l’entraîneur après la séance. Lors de la coupe du monde de 1990, Valeri Nepomniachi, l’entraîneur-sélectioneur russe de l’équipe nationale du Cameroun, ne retient pas Roger Milla, qu’il trouve vieux. Agé à l’époque de 39 ans, l’avant centre Roger Milla avait longtemps été un favori dans l’équipe nationale, avant d’être progressivement mis de coté, à la faveur de joueurs plus jeunes. La décision de Valeri Nepomniachi est vivement critiquée et le Cameroun frôle un soulèvement populaire des supporters. Paul Biya, le président du Cameroun, intervient alors personnellement auprès de l’entraîneur pour que Roger Milla participe à cette coupe du monde.

Après la défaite du Cameroun face au Japon le 14 juin dernier, qui s’explique par le choix hasardeux de Paul Le Guen de faire jouer Samuel Eto’o au couloir droit alors qu’il n’était pas épaulé par ses coéquipiers de l’Inter qui lui permettent d’être efficace, les supporters émirent des critiques très acerbes, mais, cette fois-ci, l’entraîneur ne les avait pas volées.

En effet, au cours des cinq dernières participations du Cameroun à une coupe du monde de football, les Lions Indomptables n’ont jamais perdu leur premier match. La défaite du 14 juin est douloureuse, surtout lorsqu’on sait que le Japon semblait être l’équipe la plus accessible du groupe E.

Pour une fois, les critiques des supporters, qui n’épargnent personne, étaient méritées.



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