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Elles ont été oubliées

Titre : Ils ont été oubliés – les anciennes gloires du football ivoirien

Journaliste: Serge Adams Diakité / Radio Arc-en-ciel / Twenty Ten

Lieu: Abidjan, Cote d’Ivoire

Lancement : Contrairement à la nouvelle génération des joueurs de Côte d’Ivoire évoluant dans les grands championnats européens, les anciennes gloires du football ivoirien n’ont pas connu le succès médiatique et la fortune du football moderne. Comment ces gloires du passé vivent-elles cette situation ? Réponse dans ce reportage signé Serge Adam’s Diakité.

Fx : Bruitage (commentaire très inspiré d’un commentateur sportif sur une radio locale, suite à une magnifique action de but des Eléphants de Côte d’Ivoire) (0’ 25’’)

Reporter : Zokora alias Maestro, Drogba, Arouna Dindané, Yaya Touré, j’en passe, sont des noms connus à travers le monde. Ces nouveaux animateurs de l’équipe nationale jouent dans les clubs les plus huppés de la planète et sont payés à des centaines de millions. De plus, la forte médiatisation des championnats dans lesquels évoluent ces jeunes talents a tendance à faire oublier les anciennes gloires. On est même tenté de dire que ces gloires n’ont pas été récompensées, si l’on considère les belles pages de l’histoire du football ivoirien et ce que l’on peut gagner de nos jours dans le sport roi, en tant qu’athlète de haut niveau. Naturellement, les opinions sont divergentes. Celle de Kanga Rovia, Président de l’Union Nationale de la Presse Sportive de Côte d’Ivoire (UNEPSCI) est plutôt pragmatique :

Audio : A chacun, son époque. Dans dix (10) ans, dans 20 (vingt) ans, ceux d’aujourd’hui diront que à leur temps, ils n’ont pas été récompensés donc pour moi, aujourd’hui, les joueurs qui sont là récoltent ce qu’ils méritent. Ceux aussi d’hier ont récolté ce qu’ils méritaient. (0’13’’)

Reporter : Si Ayé Baba Joseph, ancien sociétaire du club ivoirien Africa Sport National et vainqueur de la coupe de l’AOF (Afrique Occidentale Française) en 1958 à Dakar est d’avis avec son prédécesseur, cependant, il n’apprécie pas l’attitude des dirigeants de la fédération ivoirienne de football. « On a d’yeux que pour ces enfants là», affirmait-il lors d’un débat télévisé sur le bilan de la prestation des Eléphants à la CAN 2010 en Angola. Lorsque nous sommes allés le rencontrer chez lui à la maison ; assis sur sa terrasse ; le regard lointain, il nous a dit ceci :

Audio : Ce qu’il y a aujourd’hui et ce qu’il y a hier, c’est pas la même chose ; je peux pas dire qu’on a été mal payé. A notre temps, nous avons été récompensés comme il se devait ; Mais, je vais dire sincèrement que ça fait mal, nous qui avons joué avant ; on a vu la chose commence à gâter, on dit non, nous voulons qu’on nous ouvre les portes pour qu’on les parle. Qu’est ce qu’il faut faire ? C’est tout. Et les gens ferment les portes. Alors c’est équerrant. (0’16’’)

Reporter : Ayé Baba Joseph alias ‘‘ Gbalou Djézan ’’ crie également à l’injustice:

Audio : Et même pour les décorations ; si on doit décorer des gens, c’est nous…les premiers et ce qu’ils ont fait qui me fait mal, ils ont coupé ; ils ont pris les gens de 1960. Est-ce que c’est 1960 que la Côte d’Ivoire est créée ? C’est pas normal ! On n’a pas honni la Côte d’Ivoire ; il faut qu’on nous respecte. Tout le monde devait aller en France. Nous on est resté, pour le pays ; On a perdu tout notre temps. c’est-à-dire nous là, c’est fini. On s’occupe pas de nous, c’est tant pis ! C’est pas normal ! (0’19’’)

Reporter : Martial Galé, journaliste à Stades d’Afrique, parution du groupe de presse ‘‘ Fraternité Matin ’’, estime que les anciens ont brillé trop tôt :

Audio : Il y a un auteur français qui disait : « Oh temps ! Oh mœurs ! », c’est-à-dire : les temps évoluent, les activités professionnelles avec. Nos anciennes gloires sont nées à une époque où le football n’était pas développé ; Laurent Pokou, par exemple, qui devrait partir plutôt en France par le passé, avait été maintenu par le Président Feu Houphouët Boigny, parce que c’était pas encore comme aujourd’hui où on te propose trois cents (300) millions par mois ; là-bas, c’était peut être un (1) million ; on pouvait le lui proposer ça ici, mais est-ce que ça la combler comme ça devrait le combler aujourd’hui ? (0’25’’)

Reporter : A cette question, Koné Ibrahim, qui a évolué au Sporting Club de Gagnoa, à l’Afrique Sport National, à Gold Face Oboissy, à l’Etoile du sahel, à l’équipe nationale de Côte d’Ivoire et qui a participé à 4 CAN pense qu’il faut plutôt accepter l’ordre de la nature :

Audio : Quand on voit les chiffres, on dit que si on n’était là, ça allait être mieux, mais on ne regrette pas notre époque, puisse qu’on a marqué notre temps aussi ; On trouvait que on avait plus que ceux qui nous ont devancé (ndlr : nos prédécesseurs), peut être que si on était là, peut être on n’allait pas être au même niveau, on ne sait jamais ! Donc je pense qu’il faut prier pour ces jeunes gens là, pour que à chaque coupe du monde, on arrive à participer et mieux faire à chaque participation. On est fier d’avoir apporté ce qu’on a pu faire ; on n’a pas à regretter. (0’27’’)

Reporter : Comme le disait Coulibaly Oumar, Secrétaire Général de Man Football Club en 2ème division et je cite : par le passé, les joueurs ont eu les lauriers qu’il fallait, mais il faut reconnaître que les gens investissent assez de nos jours, par rapport à 30 ans en arrière. Il ne faut pas briser cet élan, mais il faudrait aussi honorer ceux qui ont tracé les sillons ; c’est parce qu’il y a eu Laurent Pokou hier qu’il y a Didier Drogba aujourd’hui. Fin de citation.
A Abidjan, Serge Adam’s Diakité pour Twenty Ten

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