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1974

Alice Bafiala Mutombo/Twenty Ten

Histoire d’une défaite … / Kinshasa / RD Congo
20100629
Journaliste

L’histoire d’une défaite … (3’36’’)

Fx : bruitage 25’’ (ambiance stade ... fondu après 3’’)

Reporter (20’’):

1974 en Allemagne, le Zaïre, actuelle République démocratique du Congo, est le premier pays à représenter l’Afrique noire à une phase finale de la Coupe du monde. A l’époque, l’Afrique n’avait droit qu’à un seul et unique représentant à la compétition. De cette participation historique, quelques congolais retiennent encore …

Audio Vox pop (30’’):

« La bonne nouvelle c’était juste être déjà qualifié à la Coupe du monde, c’est déjà quelque chose de bon, néanmoins on n’a pas été à la hauteur ; Il y a eu manque d’expérience de nos joueurs. Ils se sont retrouvé face à des équipes nantis, des équipes qui ont plusieurs fois participé à la Coupe du monde ; Tout ce que je sais, c’est que le score était lamentable ; on avait encaissé beaucoup de buts, il y a un match que la RDC a joué contre la Yougoslavie et a été battu 9-0. Donc, le score était trop médiocre».

Reporter (23’’) :

Un résultat médiocre que rien ne présageait. Avant cette rencontre, l’équipe nationale venait de remporter notamment la Coupe d’Afrique des nations. Dans le cadre de la préparation de la Coupe du monde, des dispositions sont prises pour que les Léopards soient à la hauteur du jeu … Il fallait à tout prix porter haut les couleurs nationales. Nicodème Kabamba était entraîneur adjoint des Léopards en 1974.

Audio (21’’) :

Mobutu était quelqu’un qui aimait le prestige. La première des choses du fait qu’on était qualifiés, pour lui, ce que le drapeau du Zaïre Congo flotte au cours de cette compétition. En ce qui concerne le résultat, il savait bien qu’on ne gagnerait pas la coupe, mais qu’on pouvait bien se défendre.
FX : bruitage 20’’ (musique africaine traditionnelle… fondu après 3’’)

Reporter (18’’) :

Et pour ne pas décevoir les attentes d’un président fan de football et de toute une nation, les personnes influentes associent une dizaine des féticheurs à la délégation officielle qui se rend en Allemagne. Sur place, ils font parler d’eux. Kabala Mwana Mbuyi, journaliste sportif à la radio nationale couvrait la compétition.

Audio (31’’) :

Il y a eu beaucoup d’anecdotes. C’était un peu rigolo. Il y a un papa qui avait exigé qu’on lui amène un coq qu’il devait immoler pour avoir la victoire. Alors, on lui présente un coq qui avait la taille et le poids d’une dinde. Lui-même était surpris : ‘ce coq je l‘ai jamais vu de ma vie et mon fétiche ne peut pas l’accepter, il est trop grand. Il me faut un coq du village (ndlr : zaïrois)’. C’est au retour que les gens se sont mis à interroger tous ces féticheurs qui avaient emmené de têtes d’animaux sauvages, des totems de toutes sortes, ils avaient beaucoup de fétiches dans l’avion. La réponse, c’est qu’ils avaient oublié que les fétiches ne devaient pas traverser les océans.

FX : bruitage 20’’ (bruit de découragement dans un stade… fondu après 2’’)

Reporter (23’’) :

Et pourtant, autre chose manquait à la motivation des joueurs. Après une contre-performance honorable face à l’Ecosse, les Zaïrois connaissent la honte en subissant une défaite autant mémorable qu’humiliante face à la Yougoslavie … 9-0. C’était la grève des joueurs. Le joueur Ilunga Mwepu, âgé de 60 ans aujourd’hui justifie cet échec cuisant par un manque de motivation.

Audio (25’’) :

Les joueurs étaient vraiment découragés. Parce qu’en participant à la Coupe du monde, on était sûrs de recevoir nos droits de participation. En arrivant en Allemagne, on a joué contre Écosse. Avant le match contre la Yougoslavie, nous avons réclamé nos droits. L’entraîneur nous a dit que notre délégation avait détourné cet argent. C’était impossible de monter sur le terrain. On a fait trois mois en Europe, on s’entraînait quatre heures par jour, on travaillait dur pour que les autres en profitent.

FX : bruitage 15’’ (coup de sifflet et cri dans un stade… fondu après 3’’)

Reporter (13’’) :

Le jeu des Léopards en ’74 est loin d’avoir connu l’influence des féticheurs. Il est vraisemblable que les efforts ont été consentis en oubliant l’essentiel : la motivation des joueurs.

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